Longtemps considéré comme l'un des sites francophones les plus populaires de la toile, acclamé par des hordes
d'admirateurs enthousiastes, régulièrement cité dans des revues spécialisées en quête d'inspiration (La Croix, Rock&Folk, etc), ciment social inattendu ("j'ai conçu mon deuxième enfant en
lisant votre page"), L'Ours Polaire a hélas été tenu pour responsable d'une vague de suicide lors de sa disparition prématurée.
On rappellera les faits, pour les rares retardataires : http://membres.lycos.fr/mrourspolaire/
Après une longue période d'hibernation dans les grottes du défaitisme, ponctuée par une série d'excès divers (femmes, alcoolisme, engagement politique), on constate avec peine que sa sainte
croisade n'a pas encore anéanti la médiocrité du monde, et qu'il est grand temps de ressortir les armes pour dénoncer la bouffonerie insupportable de tout ce que l'on tient pour sacré.
Ce n'est donc pas un hasard si le rétablissement de la Peine Polaire a lieu en pleine commémoration de Mai 68, impayable glaviot lancé jadis à la face du mois de Marie, quand la bourgeoisie
étudiante s'est alliée à la crasse prolétaire pour libérer la sexualité de jeunes sottes (pour résumer). Le traitement médiatique suit sa justesse habituelle : certains se trompent en disant que
cette "révolution" (de la Majuscule, on passe aux guillemets, cheminement à peu près similaire à celui de la carrière solo de Paul McCartney) a libéré les moeurs, les coeurs et les consciences (on
peine toujours à rattraper les fugitifs, évanouis dans la nature), tandis que d'autres réactionnaires se fourvoyent en la diabolisant plus qu'elle ne le mérite (ce serait un peu comme accuser le
dernier livre d'Angot d'avoir déclenché Katrina, ce qui serait encore quelque part une sorte d'honneur.)
Inutile de dire donc que Mai 68, comme tous les grands événements remâchés depuis des lustres, devrait disparaître des calendriers pour que s'écroulent enfin les forteresses de sottises (quel que
soit leur bord, d'ailleurs) qu'on a bâties sur ses fondations merdeuses ; L'Ours Polaire, quant à lui, ne cessera jamais de célébrer l'esprit d'Avril 68, quand on se préoccupait plus des jeunes
filles en fleurs à l'arrivée du Printemps que d'insurrections ridicules (on ne dénoncera jamais assez le ravage provoqué par les protest-songs au début de la décennie), quand le premier du mois on
préférait se faire des farces au lieu de s'assoupir pendant la fête du travail ; il s'agit bel et bien d'un devoir d'oubli, trop souvent ignoré à l'heure actuelle, et qui seul peut
permettre de garder sa santé mentale à la vue de tous les albums qui ont pu sortir à cette époque.
Par Violin
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Publié dans : Crieur public
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Présentation
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L'Ours Polaire
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:
Une banquise d'expression
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